
Reprise du travail après un arrêt pour épuisement : appréhensions

Muriel Cölln
Psychopraticienne PNL · Sérignan
Ce que vous ressentez à l'approche du retour
Le dimanche soir, la gorge se serre. La date de reprise approche et les pensées tournent : « Et si je n'y arrivais plus ? », « Que vont penser mes collègues ? », « Et si tout recommençait ? »
Si cela vous parle, sachez que ces appréhensions sont très courantes après un arrêt lié à un épuisement professionnel. Elles ne disent rien de votre valeur ni de votre capacité à reprendre. Elles montrent surtout que ce que vous avez traversé a compté.
Les appréhensions les plus fréquentes
- La peur de rechuter : retrouver la même charge, le même rythme, les mêmes sollicitations.
- Le regard des autres : devoir expliquer l'absence, craindre les questions ou les jugements.
- Le doute sur ses capacités : se demander si la concentration et la mémoire seront au rendez-vous.
- L'effet d'accumulation : la boîte mail pleine, les dossiers en attente.
- La culpabilité : avoir le sentiment d'avoir « lâché » son équipe.
Ce que le corps peut exprimer
À l'approche de la reprise, certaines personnes remarquent un sommeil plus agité, une tension dans la nuque ou le ventre, une irritabilité inhabituelle. Ces manifestations sont fréquemment rapportées pendant les périodes d'anticipation.
Elles ne signifient pas que la reprise est « impossible ». Elles méritent simplement d'être écoutées, sans dramatiser.
Appréhender n'est pas échouer. C'est parfois une façon de se rappeler qu'on a besoin d'avancer avec plus d'attention à soi.
Dans mon cabinet à Sérignan, j'entends souvent que ces peurs se nourrissent de scénarios imaginés à l'avance, très précis et presque toujours sombres. Les repérer est déjà une première étape pour leur redonner leur juste place.
Aborder la reprise : un exercice et des repères
On ne supprime pas une appréhension d'un geste. En revanche, certaines personnes trouvent que quelques gestes simples peuvent contribuer à retrouver un peu de stabilité avant et pendant les premiers jours.
Exercice d'ancrage et de respiration (3 minutes)
- Asseyez-vous, les deux pieds à plat au sol, les mains posées sur les cuisses.
- Appuyez doucement vos pieds dans le sol pendant 5 secondes et sentez le contact.
- Inspirez par le nez pendant 4 secondes.
- Expirez lentement par la bouche pendant 6 secondes, comme si vous souffliez sur une bougie sans l'éteindre.
- Répétez 6 cycles, soit environ une minute.
- Terminez en nommant à voix basse 3 choses que vous voyez et 2 sons que vous entendez.
Vous pouvez le refaire le matin de la reprise, ou avant d'ouvrir votre messagerie. Si une sensation désagréable apparaît, arrêtez-vous et reprenez une respiration habituelle.
Quelques repères pour la veille et la première semaine
- Écrire vos craintes sur une feuille, puis noter à côté ce qui, concrètement, est dans votre pouvoir d'influencer.
- Préparer une phrase simple et brève pour répondre aux questions sur votre absence, par exemple : « J'avais besoin de me reposer, je suis content de revenir » à adapter avec vos propres mots.
- Prévoir de vraies pauses, un repas à l'écart de l'écran, un moment de marche.
- Ne pas tout rattraper : demander, si possible, à hiérarchiser les priorités.
S'appuyer sur les interlocuteurs de santé et du travail
Il est recommandé d'aborder les modalités de reprise avec votre médecin traitant et le médecin du travail. Une visite de pré-reprise ou des aménagements existent dans certaines situations : eux seuls peuvent vous éclairer sur ce qui vous concerne.
Un accompagnement psychologique peut, de son côté, offrir un espace pour mettre des mots sur ce que vous ressentez, sans jugement et à votre rythme.
Quand consulter ?
Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, vous n'avez pas à affronter seul ce moment. Il peut être utile de consulter un professionnel lorsque :
- l'anxiété avant la reprise prend beaucoup de place dans vos journées ou perturbe votre sommeil ;
- vous vous surprenez à ruminer les mêmes scénarios sans parvenir à les mettre de côté ;
- vous doutez de votre légitimité à reprendre ou, au contraire, vous craignez de reprendre trop vite ;
- la culpabilité ou la peur du regard des autres vous isolent.
Je vous accueille à Sérignan dans mon cabinet pour un temps d'écoute, afin de vous aider à clarifier ce que vous ressentez et à avancer à votre rythme. Cet accompagnement ne remplace pas un avis médical : en cas de détresse importante ou de pensées sombres, parlez-en sans attendre à votre médecin ou contactez les services d'urgence.