
Épuisement au travail : repérer les signaux d'alerte et en parler

Muriel Cölln
Psychopraticienne PNL · Sérignan
Les signaux qui montrent que l'énergie s'épuise
Le dimanche soir, une boule au ventre s'installe. Le lundi, le réveil sonne et la journée semble déjà trop lourde. Vous faites ce qu'il faut, mais l'élan n'y est plus.
Ces sensations sont fréquentes chez les cadres qui enchaînent responsabilités, réunions et objectifs. Elles ne constituent pas un diagnostic : ce sont des signaux qui méritent d'être pris au sérieux.
Trois familles de signaux
Dans le corps
- une fatigue persistante, que le week-end ou les congés ne dissipent pas vraiment ;
- un sommeil perturbé : difficultés d'endormissement, réveils nocturnes ;
- des tensions, des maux de tête ou des troubles digestifs qui reviennent.
Dans les émotions
- une irritabilité inhabituelle envers les collègues ou les proches ;
- une perte de motivation : ce qui vous animait vous laisse sans élan ;
- le sentiment de ne plus être à la hauteur, ou de ne plus voir le sens de ce que vous faites.
Dans les comportements
- une concentration plus difficile, des oublis, des erreurs inhabituelles ;
- une tendance à se replier et à éviter les échanges ;
- des journées de plus en plus longues pour un résultat qui paraît moindre.
Ce qui compte : la durée et l'intensité
Un coup de fatigue après un projet intense est normal. Ce qui doit alerter, c'est lorsque plusieurs signaux durent depuis plusieurs semaines, s'intensifient ou débordent sur votre vie personnelle.
Je ne pose pas de diagnostic : cela relève d'un médecin. En tant que psychopraticienne en PNL, je vous aide à mettre des mots sur ce que vous vivez et à clarifier ce que vous souhaitez changer.
En parler : trouver les mots et le bon moment
Reconnaître ces signaux est une chose, en parler en est une autre. Beaucoup de cadres redoutent de paraître fragiles ou de décevoir leur équipe. Pourtant, nommer ce qui se passe est souvent un premier pas qui allège.
Exercice : le point de repère du soir (3 minutes, 7 jours)
- Choisissez un moment fixe en fin de journée, si possible loin de votre bureau.
- Installez-vous assis, pieds bien posés au sol, et réglez un minuteur sur 3 minutes.
- Faites 3 respirations lentes : inspirez 4 secondes par le nez, expirez 6 secondes par la bouche.
- Notez dans un carnet trois notes de 0 à 10 : votre énergie, votre humeur et votre envie d'aller travailler demain.
- Complétez par une phrase : « Ce qui m'a le plus pesé aujourd'hui, c'est… »
Au bout de sept jours, relisez vos notes. Certaines personnes y repèrent des tendances (moments, situations, tâches) qu'elles ne percevaient pas. Ce carnet n'est pas un outil d'évaluation médicale : il peut simplement servir de base concrète pour échanger avec un professionnel.
Choisir ses mots
- Choisissez un moment calme, pas la sortie d'une réunion.
- Partez de votre vécu avec « je » : « Depuis trois mois, je dors mal et je n'ai plus d'énergie le matin. »
- Décrivez des faits plutôt que des jugements sur vous-même.
- Précisez ce dont vous avez besoin : une écoute, un ajustement de charge, un avis médical.
Vous pouvez vous adresser à votre médecin traitant, au médecin du travail, à votre hiérarchie ou aux ressources humaines, ou d'abord à un proche de confiance.
Demander de l'aide n'est pas un aveu de faiblesse : c'est une information que vous donnez sur votre état, pour que d'autres puissent vous soutenir.
Quand consulter ?
Il est recommandé de consulter un professionnel de santé, en premier lieu votre médecin traitant ou le médecin du travail, dans ces situations :
- les signaux durent depuis plusieurs semaines sans s'atténuer ;
- votre sommeil, votre appétit ou votre santé physique sont touchés ;
- aller travailler devient très difficile, voire impossible ;
- vous avez des pensées sombres ou un sentiment de désespoir. Dans ce cas, parlez-en sans attendre à un médecin, appelez le 3114 (numéro national de prévention du suicide) ou les urgences.
Si le dimanche soir vous pèse, si l'irritabilité s'installe et si l'envie s'est éteinte, vous vous reconnaissez peut-être dans ces lignes. Vous n'avez pas à traverser cela seul.
Dans mon cabinet à Sérignan, je vous accueille pour faire le point, clarifier vos objectifs et identifier vos ressources, à votre rythme. Cet accompagnement ne remplace pas un suivi médical : il peut le compléter, en lien avec les professionnels de santé qui vous suivent.