
Colère et irritabilité : pourquoi je m'emporte pour un rien ?

Muriel Cölln
Psychopraticienne PNL · Sérignan
Quand un détail fait déborder le vase
Une tasse posée au mauvais endroit, un mail un peu sec, une voiture qui ralentit devant vous. Et soudain, la colère monte, parfois plus fort que la situation ne le justifierait. Ensuite viennent souvent la culpabilité et la question : « Mais qu'est-ce qui m'arrive ? »
Si cela vous parle, sachez que vous n'êtes pas seul(e) dans ce cas : beaucoup de personnes me décrivent exactement cela en consultation. Cela ne dit rien de votre valeur ni de votre caractère.
Ce que la colère peut signaler
La colère est une émotion humaine, souvent perçue comme un signal. Dans ma pratique, j'observe que ces réactions vives surviennent fréquemment à des moments où quelque chose s'accumule. Sans que ce soit une règle, certaines pistes reviennent :
- une fatigue ou un manque de sommeil qui réduit la marge de patience ;
- une surcharge de tâches, mentales ou familiales, sans vraie pause ;
- un besoin non exprimé : être écouté, respecté, avoir du temps pour soi ;
- des tensions anciennes que le quotidien vient réveiller ;
- une période de changement (travail, séparation, deuil, déménagement).
Le détail agaçant est alors moins la cause que la goutte qui fait déborder un récipient déjà plein. Chaque situation reste unique, et je ne peux pas dire pourquoi cela se produit chez vous sans vous rencontrer.
Une approche PNL : observer avant de juger
En PNL, on s'intéresse à la manière dont chacun vit une situation : ce que l'on se dit, ce que l'on ressent dans le corps, les images qui surgissent. Plutôt que de chercher à « supprimer » la colère, je vous invite d'abord à la regarder avec curiosité. Ce simple changement de posture peut contribuer à retrouver un peu d'espace entre ce qui arrive et votre réaction.
Un exercice de 3 minutes pour observer votre colère
Voici un exercice simple que certaines personnes trouvent utile. Il ne s'agit pas de « faire disparaître » la colère, mais de mieux la repérer. Essayez-le d'abord quand vous êtes plutôt calme, puis, si vous le souhaitez, dans un moment de tension légère.
Pas à pas
- Posez vos pieds bien à plat au sol, assis ou debout. Prenez 10 secondes pour sentir leur contact avec le sol.
- Respirez lentement 5 fois : inspirez par le nez pendant 4 secondes, expirez par la bouche pendant 6 secondes.
- Donnez une note de 0 à 10 à l'intensité de ce que vous ressentez. Notez simplement le chiffre, sans le commenter.
- Repérez où cela se passe dans le corps : mâchoires, ventre, poitrine, mains ? Posez une main à cet endroit pendant 20 secondes.
- Nommez ce qui se passe avec une phrase : « Je ressens de la colère, et j'ai peut-être besoin de… » Laissez venir un mot : repos, calme, respect, temps.
- Prenez un pas de recul en imaginant la scène vue de l'extérieur, comme si vous en étiez le spectateur, pendant 30 secondes.
- Redonnez une note de 0 à 10. Que le chiffre ait changé ou non, vous venez de vous observer, et c'est déjà beaucoup.
« Entre ce qui arrive et ma réaction, il existe un petit espace. Je n'ai pas à le remplir tout de suite. »
Prolonger le soir : le carnet de 5 lignes
Chaque soir, pendant une à deux semaines, notez en cinq lignes :
- ce qui a déclenché la colère ;
- l'intensité (0 à 10) ;
- où vous l'avez sentie dans le corps ;
- ce que vous vous êtes dit à ce moment-là ;
- votre état de fatigue ce jour-là.
Au fil des jours, certaines personnes repèrent des régularités : une heure, un lieu, une situation, un état de fatigue. Ces repères peuvent nourrir une réflexion, seul(e) ou avec un professionnel. Cet exercice reste un outil d'observation et ne remplace pas un accompagnement.
Quand consulter ?
Une colère passagère fait partie de la vie. Il peut en revanche être utile d'en parler à un professionnel lorsque :
- vous vous emportez de plus en plus souvent, ou plus fort qu'avant ;
- vous regrettez régulièrement vos paroles ou vos gestes ;
- vos proches, vos enfants ou vos collègues en souffrent, ou s'éloignent ;
- la colère s'accompagne de troubles du sommeil, d'une grande fatigue, de tristesse ou d'angoisse ;
- vous avez le sentiment de ne plus vous reconnaître.
Une irritabilité durable peut avoir des origines variées, y compris physiques. Il est donc recommandé de consulter votre médecin pour faire le point, notamment si elle est apparue récemment ou s'accompagne d'autres changements.
De mon côté, en consultation ( à Sérignan,) je vous reçois en tant que psychopraticienne spécialisée en PNL et en Hypnose pour un temps d'écoute, sans jugement. Nous prenons le temps de comprendre comment vous vivez ces moments et de repérer ce qui vous appartient dans votre façon de réagir, à votre rythme. Ma démarche ne remplace ni un avis médical ni un suivi par un professionnel de santé lorsque celui-ci est nécessaire.